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La douleur a pour but de signaler un dysfonctionnement de l’organisme. Elle a un rôle utile de signal d'alarme. Elle met en alerte l’individu pour qu’il remédie à une situation anormale1.

La douleur est un sens2

La douleur peut être considérée comme un sens, à l'instar de la vue, l’ouïe ou le toucher. Lors d'une agression interne ou externe, l'organisme doit être informé pour pouvoir réagir rapidement. C'est ici qu'intervient la douleur : elle va informer l'organisme de l'impact ou non qu'il a subi.

Avant la douleur : la « nociception »3;4

A l’origine du message douloureux se trouvent des récepteurs spécialisés disséminées à la surface de la peau et dans la plupart des organes : les nocicepteurs. Leur fonction est d'envoyer au cerveau un message nerveux identifiant un dommage potentiel. Par exemple, lorsque nous posons la main sur une plaque brûlante, les nocicepteurs sont stimulés et envoient un message véhiculé par des nerfs, eux aussi spécialisés, qui remonte le long de la moelle épinière vers le cerveau. Jusque-là, il ne s'agit pas encore de douleur mais d'un simple message nerveux informatif appelé « nociception ».

La douleur, une interprétation du cerveau3;4;5

Quand il arrive au cerveau, le message est interprété (localisation, importance, sensation) et modulé en fonction, notamment, de l’état émotionnel, des souvenirs, des expériences précédentes de la douleur, de l’état de santé. C’est au terme de cette modulation que le cerveau décidera si le dommage subi doit être considéré comme grave ou non, s'il doit entraîner une réponse particulière (fuite, défense, cris, pleurs…). Reprenons l'exemple de la main posée sur une plaque brûlante : le cerveau va décrypter le signal comme étant douloureux mais avant ceci, la main aura été dégagée de la source de chaleur grâce à un arc réflexe situé au niveau de la moelle épinière.

La modulation de la douleur3;6;7

Dans le système nerveux, différents mécanismes régulent l'intensité de la douleur. En effet, lors du parcours de l'information douloureuse dans l'organisme, l'intensité du message peut être augmentée, réduite, voire totalement interrompue par différents systèmes régulateurs. La théorie du « Gate control » ou « théorie du portillon », mise au point en 1965 par R.Melzack et P.D Wall explique comment la transmission du signal douloureux passerait par une « porte » située au niveau de la moelle épinière, qui s'ouvrirait ou se refermerait selon l'activitation des différents types de fibres nerveuses, facilitant ou bloquant ainsi le passage du signal. Par exemple, mettre de l'eau fraîche sur une brûlure ou se frotter après avoir reçu un coup léger stimuleraient certaines de ces fibres qui bloqueraient la transmission du message nerveux, provoquant un effet apaisant.

Deux types de douleurs : la douleur aiguë et la douleur chronique3;8;9

La douleur aiguë a un rôle de signal d'alarme utile à l'organisme. Cependant lorsqu'elle se prolonge, la douleur entraîne une modification du fonctionnement des nerfs qui véhiculent l'information jusqu'au cerveau. Son passage est facilité. Elle peut alors durer ou réapparaître régulièrement et il est possible qu'elle se transforme en douleur chronique. La douleur est alors considérée chronique si elle dure depuis plus de 3 mois. Dans ce cas, elle perd sa fonction première d'alerte : « Elle ne protège pas l'homme, elle le diminue » (R. Leriche). Au-delà de sa cause, la douleur devient elle-même le problème : on parle de « douleur maladie ».

Références

1- Ministère de la Santé et de la Protection sociale. Société d’étude et de traitement de la douleur. La douleur en questions, novembre 2004. Disponible sur : http://social-sante.gouv.fr/IMG/pdf/la_douleur_en_questions.pdf (consulté le 18 mars 2016)

2- The European Dana Alliance for the Brain. La perception de la douleur et de la température, juin 2004. Disponible sur : http://files.chuv.ch/internet-docs/nps/nps_man_eurobrain_2004.pdf (consulté le 18 mars 2016)

3-  INSERM. Douleur. Disponible sur : http://www.inserm.fr/thematiques/neurosciences-sciences-cognitives-neurologie-psychiatrie/dossiers-d-information/douleur (consulté le 21 mars 2016)

4- Institut National du Cancer. Apparition de la douleur. Disponible sur : http://www.e-cancer.fr/Patients-et-proches/Qualite-de-vie/Douleur/Apparition-de-la-douleur (consulté le 18 mars 2016)

5- Vulgaris médical. Douleur (physiologie de la) : symptômes. Disponible sur : http://www.vulgaris-medical.com/encyclopedie-medicale/douleur-physiologie-de-la/symptomes (consulté le 23 mars 2016)

6- R.Melzack. Gate Control Theory, On the evolution of Pain concepts. Pain forum 5(1): 128-138, 1996. Disponible sur http://www.sciencedirect.com/ (consulté le 27 juin 2016)

7- A.Guion. Evaluation du toucher comme moyen de prévention de la douleur provoquée par l’ablation du drain de redon après prothèse de la hanche. Disponible sur http://www.cnrd.fr/IMG/pdf/A_Guion_16.pdf (consulté le 27 juin 2016)

8- Calvino B. Les bases neurales de la douleur. Psychol NeuroPsychiatr Vieil 2006 ; 4 (1) : 7-20

9- Institut National du Cancer. Douleur aigüe, chronique. Disponible sur : http://www.e-cancer.fr/Patients-et-proches/Qualite-de-vie/Douleur/Douleur-aigue-chronique (consulté le 18 mars 2016) 

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